03.05.2009

Enrichissement culturel en Italie : viol dans un parc public et langue de bois

Une jeune italienne de 23 ans a subi des sévices sexuels de la part d’un Egyptien clandestin à la fin du défilé du premier mai à Milan.

Vers 19 h 15, la fille qui était assoupie sur une pelouse du Château Sforzesco, a été attaquée par un jeune Egytien en situation irrégulière qui s’est livré à des violences sexuelles. Lorsque les passants qui sortaient de la manifestation ont remarqué qu’il ne s’agissait pas de deux amoureux désinhibés, mais d’un violeur et d’une violée, ils sont intervenus d’une manière musclée pour interpeller l’Egyptien. Celui-ci a échappé de peu à un lynchage, grâce à des syndicalistes qui l’ont remis aux carabiniers.

La tension a été avivée quand certains manifestants altermondialistes ont cru que la police avait arrêté l’un des leurs.

Le lendemain, les organisateurs milanais du défilé publient un communiqué d’une remarquable langue de bois, afin d’habiller les événements d’une tournure plus conforme à la bien-pensance. Selon eux, “un homme a cherché à abuser d’une fille”. “Ce sont les faits dans leur simplicité, mais certains détails doivent être dits pour éviter l’exploitation”, prévient le communiqué. “Ce qui s’est passé est la violence d’un homme sur une femme et n’a pas de nationalité ni de justification.” Quant aux manifestants qui sont intervenus, ils “n’ont pas essayé de lyncher quelqu’un”, mais ils ont simplement tenté de limiter “la gravité de l’incident”.

Pour enfoncer le clou à destination de ceux qui auraient des pensées impures, les organisateurs expliquent que “dans une société imprégnée par des formes de violence de plus en plus subtiles, et l’omniprésence de la répression, la violence des hommes contre les femmes qui, historiquement, a traversé toutes les communautés et tous les systèmes et semble même connaître, en Italie,  une nouvelle vitalité”.

Bref, “peu importe d’où venait cet homme”, même si “son geste exprime une culture de la violence qui nous concerne et nous indigne”. Les organisateurs estiment, dans un langage digne de communiqués du Mrap, qu’il s’agit du “souffle d’une triste mentalité machiste”.

Ils prient la presse de ne pas parler de cette manifestation “uniquement pour cet ignoble épisode”. Le communiqué invite les journalistes à prendre “quelques minutes de leur temps pour comprendre l’appel de détresse lancé hier à Milan, qui a été suivi par 120.000 personnes, la lutte, proactive et ancrée dans les quartiers et les lieux de travail”.

On est rassuré. Circulez, il n’y a rien à voir !

 

Bivouac id